Salutations et présentations comprises, c'est la durée de l'audience au tribunal déclarant la liquidation de mon entreprise.
Le constat simple à été tiré en quelques mots: Peu d'actifs, pas de trésorerie, pas assez de clients et un certain découragement. Pour continuer la guerre il fallait des biscuits et l'envie d'en manger, les deux manquaient. La fin de l'aventure devenait LA solution.
Bien qu'ayant encore la tête préoccupée par le laborieux travail administratif de remplissage de dossiers, de rédactions de courriers, je tire un premier bilan.
J'étais seul et ne disposais ni des compétences pluridisciplinaire pour faire face aux tracas administratifs quotidiens, ni de soutiens forts et solides d'appuis financiers ou de conseils avisés. Confronté aux turpitudes des administrations, je me suis éparpillé voulant à la fois comprendre, faire et maîtriser. Trop seul, il m'aurait fallu un coach, un associé, un assistant... une équipe.
Je ne sais pas si je me suis trompé de stratégie de développement, mais je suis sur que je n'ai pas su mettre les moyens pour réaliser les objectifs. Pour résumer, parfois j'ai rêvé.
Alors, un constat d'échec ? Oui et non. S'il serait frauduleux de présenter l'achèvement de cette aventure comme une réussite totale, je ne peux cacher que ces quelques années m'ont apportées beaucoup. Des compétences nouvelles, une meilleure connaissance de moi, etc ...
Il me reste à rebondir...
Commentaires
Cher Jérôme Steacknco,
HkacIl m'est arrivé une histoire similaire. En 1997, j'ai fondé une "web-agency" avec un ami de la même école (de commerce, en plus). Tout allait bien, nous étions dans un secteur novateur l'infographie et le webdesign. Mais voilà, très rapidement le chiffre d'affaire ne décolla pas. Probablement nous n'avions pas assez de bagout commercial, ou nous étions un peu trop gentils avec la tarification et de plus nous ciblions la bonne petite PME qui ne croyait pas trop à l'utilité de sa page web. A cette époque, le discours ambiant véhiculé par IBM était : "Vous pourrez vendre partout dans le monde !". En résumé, nous faisions des produits complexes (du conseil amont, du graphisme et du développement web) pour une cible qui n'avait pas de budgets. Nous faisions couramment des sites pour moins de 10000 FRF (je parle en Francs désolé). Quant aux gros comptes, si je puis dire, on les ciblait aussi. Mais là le discours en retour était : "Trops petits, pas asses de références comme les nôtres !". Dur, dur à avaler dans ce secteur nouveau du web et du net. Bref, comme tu le soulignes, la dispersion s'empara de nous agrémentée de reproches mutuels entre associés. Nous finîmes par mettre la clef sous le paillasson après quatre ans d'(in)activité. Enfin, ce fût plus élégant que cela puisque nous avons revendu la société pour... un (1) Franc symbolique.
Ce message pour te dire que je te comprends et pour confirmer que malgré ces échecs apparents, c'est une réussite intérieure, une expérience, une nouvelle vision panoramique du monde des affaires. On touche du doigt tous les sujets. Par la suite, je suis devenu consultant chez Cap, puis responsable (salarié ce coup-ci) du développement commercial pour un petit moteur de recherche qui voulut se faire plus gros que le boeuf. Et maintenant, je me retrouve disons chez moi avec un peu de temps pour réfléchir à mon avenir. Je ne suis plus hyper jeune, quoique pas très vieux non plus. Je ne pense pas que je me réinsérerai aisément dans le système carriériste de type La Défense-Courbevoie. Alors, je réfléchis à un projet (toujours dans la techno, le web marketing et les CMS). L'idée est de me (re)mettre à mon compte car une fois qu'on y a goûté on ne peut plus s'en passer de cette liberté et de ces "galères". J'ai notamment un projet de concilier mon aspiration pour un mode de vie rural et les TIC au travers d'un projet "La campagne numérique" visant à développer les usages TIC dans le milieu rural. Ca sera probablemenbt pas très bien payé car le format sera sûrement de type associatif, mais ce critère n'a plus aucune importance à mes yeux.
Tout cela pour te dire donc que cela fait mal d'arrêter mais que c'est souvent partie remise. En quelques années on gagne une nouvelle mâturité qui nous rend plus efficace au coup d'après lorsqu'on on a des compétences effectives et le respect du client.
Bon courage.
Le blogeur campagnard.